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Un matin de janvier 2018, j’ai frappé à la porte de Pascal Audin. Je lui ai présenté mon projet au long cours : le filmer dans son travail, dans ses gestes de peintre. En faire un film qui le raconterait. Nous nous connaissions peu, nous connaissions un peu.

À l’instinct, il a accepté.

De semaine en semaine, de mois en mois, je suis revenu chez lui, à Gençay. Au début, je le filmais et le photographiais dans son antre, d’abord au travail, appliqué sur un minutieux dessin au crayon d’argent ou absorbé par la bonne combinaison de couleurs d’une toile en construction.

Le temps passant, je l’ai aussi suivi dans sa vie quotidienne. Une sorte de petit ballet s’est instauré entre nous. Pas à pas.

Je ne me lasse pas d’observer les contrastes qui le façonnent, son visage changeant comme un ciel de montagne : capable de passer du rire facétieux le plus enfantin au regard transpercé par la plus animale inquiétude.

Sa maison lui ressemble : à la fois inondée de couleurs vives et de noires ténèbres, de lumière et d’obscurité.

Quand Sandrine Perron a proposé à Marie Lorioux et moi de venir lire notre recueil de nouvelles Les Territoires du vide à la médiathèque de Smarves, elle nous a demandé de réfléchir à l’idée d’une exposition accompagnant la lecture. Plutôt que le ton sur ton d’une expo sur le thème des Territoires du vide — la déshumanisation de notre époque — nous avons préféré présenter son contrepoint : l’humanité de Pascal Audin à travers ce portrait subjectif en dix-sept photographies.

Derrière les traits de son visage inoubliable, j’ai voulu saisir les nuances d’un vie d’homme secouée de tourments et traversée de drôlerie, parcourue d’ombres qui rôdent et de lumières qui jaillissent.

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